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Hieroglyphes















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Soutien à la mission archéologique d'automne dans les carrières de Hatnoub

Hatnoub Situé à 330 km au sud du Caire, près de Tell el-Amarna, le plateau de Hatnoub abrite le seul site d’extraction de l’albâtre égyptien (appelé aussi Travertin) exploité dès l’époque des pyramides (IIIe millénaire av. J.-C.). Cette roche de luxe, prisée des rois et des dieux, a été utilisée dans l’architecture, la statuaire et le mobilier funéraire. Ce site archéologique unique permet de comprendre, entre autres, la vie d’une carrière depuis la découverte du gisement jusqu’à son abandon, en passant par sa phase d’exploitation et le transport des blocs jusqu’au Nil par la voie antique la plus longue et la mieux préservée d’Égypte. Ces données archéologiques renouvellent en profondeur notre connaissance de l’histoire des techniques.

Hatnoub, un site unique, des résultats prometteurs
Cette carrière à ciel ouvert est aujourd’hui remplie de débris qui proviennent en partie de son creusement ou des parois dont certains blocs se sont détachés. Les quatre premières saisons de fouilles, à budgets limités, se sont concentrées sur les relevés photographiques et topographiques des inscriptions rupestres connues, ainsi que sur la recherche de nouvelles inscriptions. Grâce aux nouvelles technologies, nous avons pu répertorier un grand nombre d’inscriptions inédites, principalement datées des règnes de Mérenrê Ier et de Pépy II, sous la VIe dynastie (env. 2300 av. J.-C.). Les deux dernières missions ont aussi permis de dégager une partie des nombreux déblais, révélant ainsi un escalier et une rampe.

Hatnoub, une réponse à l’énigme de la construction des pyramides
Suite à ces découvertes récentes, il est devenu évident que le couloir d’accès doit être vidé de ses nombreux déblais, ce qui permettrait à terme de comprendre l’ensemble des techniques liées à l’exploitation d’une carrière à ciel ouvert, ainsi que le dispositif de halage adopté dès cette époque. Celui-ci comprendrait une rampe-glissière encadrée de deux escaliers et de poteaux latéraux. Il permettrait de hisser des blocs de plusieurs tonnes hors de la carrière sur des pentes très raides, bien supérieures aux pentes maximales envisagées pour la construction des pyramides. Ces nouvelles données permettraient de reconsidérer totalement les théories liées à l’édification des pyramides. Une étude géologique permettrait de comprendre comment les Anciens Égyptiens ont découvert ce gisement ainsi que les différentes étapes de son exploitation. À terme, une couverture photogrammétrique de la carrière permettrait une reconstitution virtuelle retraçant la vie du site, tout en présentant et commentant les inscriptions qui le jalonnent. Une telle reconstitution invitera la grand public à visiter et comprendre ce site exceptionnel mais difficile d’accès.

Hatnoub, la carrière des origines !
L’objectif des prochaines missions est ainsi de démontrer si les structures existantes font partie d’un dispositif qui n’était connu jusqu’à présent que dans la région du Pentélique, près d’Athènes, dans les célèbres carrières de marbre ayant approvisionné le chantier du Parthénon. Ce système aurait-il été emprunté par les Grecs aux techniques égyptiennes ?

La mission Hatnoub, créée en 2012 à l’initiative de Yannis Gourdon, est un projet international auquel collaborent l’Ifao (France), l’Université de Liverpool (Angleterre) et le Ministère d’État pour les Antiquités (MSA – Égypte). Son but est d’étudier de manière systématique la région des anciennes carrières d’albâtre égyptien de Hatnoub, afin de les cartographier, de comprendre leur organisation et leur implantation dans le territoire et de retracer leur histoire à partir des données archéologiques et textuelles.